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Notre ami Claude Sordet vient de s’éteindre

Nous venons d’apprendre avec tristesse le décès de Claude Sordet ce lundi 23 novembre à 82 ans sonnés. Tous ceux qui l’ont connu ne pourrons que vous évoquer sa bienveillance et sa délicatesse.
Le voilà à présent au firmament des grandes voix du commerce qu’il aura à la fois incarné et défendu comme chroniqueur inlassable du secteur, lui qui avait d’une plume à la fois l’esprit et le cœur léger.
Toutes nos pensées accompagnent son épouse Nicole ainsi que leurs enfants.

Salut l’ami.
Yves Soulabail

La cérémonie religieuse aura lieu le
vendredi 27 novembre 2015 à 14h30
en l’Eglise Saint-Servan
9, rue Jeanne Jugan, 35400 Saint-Malo

les fleurs peuvent être déposées aux
PFG, 26 rue de la Marne 35400 Saint-Malo, 02 99 81 89 90

Il sera inhumé le
samedi 28 novembre 2015 à 11h00
au cimetière de l’Est
1, place du Souvenir Français, 35000 Rennes

Adresse de la famille
6, place monseigneur Duchesne
35400 Saint-Malo
philippe.sordet@p-sd.fr

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Présentation de Claude Sordet

Né le 28 décembre 1932, Claude Sordet entreprend en 1957, à l’Economique de Rennes, une carrière de distributeur comme directeur général commercial qu’il poursuit jusqu’en novembre 1970. Directeur commercial, il ouvre en 1959 à Perros Guirec le premier supermarché « Breton » qui prendra par la suite l’enseigne Suma. En 1970 à Saint Brieuc, en partenariat avec le groupe Docks de France, il lance un centre commercial de 18.000 m² qui devance de quelques mois la création à Rennes du centre Alma (30.000 m²) également doté d’un Mammouth de 8.000 m². Claude Sordet est alors le DGA de la SAMGS qui crée des centres commerciaux et exploite des hypermarchés.

À la suite d’un clivage de la majorité de son entreprise, il rejoint à Paris, Jacques Pictet le fondateur du magazine LSA, dont il était depuis l’origine un des administrateurs. En marge de ses fonctions de vice-Président Directeur Général de l’entreprise éditrice, il prend en charge la direction des rédactions de tous les magazines présents et à venir de ce petit groupe de presse professionnelle dont il a été en 1958 l’un des administrateurs fondateurs… (LSA – Néo Restauration – Filière Viandes – Filière Farine – Grand Froid). En 1980, il quitte LSA pour diriger Points de Vente pendant quatre ans, avant de retourner à ses premières amours… LSA . Claude Sordet a été le Délégué Général Exécutif de l’I.F.L.S. (l’Institut Français du Libre Service) et cofondateur de l’Institut français du merchandising (IFM).

Journaliste, Claude Sordet fut également hôtelier, depuis 1971 date de la création de la société Cerel SA, à l’origine en France des premiers petits hôtels 2*NN. Il présidera la société qu’il avait créée jusqu’en 1982 date de la prise de contrôle des 30 hôtels « Minimote » de Cerel SA par le groupe Sphère Ibis (Accor).

En 1989, Claude Sordet regagne son corps d’origine… la distribution. Il intègre alors le Comité Exécutif du Groupe Casino en charge de la direction générale de la Qualité et de la Communication. Peu après, avec Antoine Guichard, il crée une société CSC SA, Conseil en Stratégie de Communication qui verra son terme en 1996. Depuis cette date, Claude Sordet développe en indépendant des activités de conseil en problématique distribution. Il réalise dans ce domaine des lettres mensuelles d’information et de mise en perspective.

Au bénéfice de l’âge et de ses différents parcours professionnels, il est devenu un des historiens du commerce et de la distribution : Les Grandes Voix du Commerce Editions Liaisons – Prix de l’Association pour l’Histoire du commerce en 1997. Claude Sordet a travaillé en qualité d’expert rédacteur sur le rapport : « Quel Commerce demain ? » présenté par Charles Urbain devant le Conseil Economique et Social et voté le 12 janvier 1999.
Il était membre de l’Académie des sciences commerciales, Président honoraire de l’Association pour l’histoire du commerce moderne et avait accepté de participer au documentaire Hyper Duel.

Récompenses

Officier de l’ordre national du Mérite. Chevalier des Palmes académiques Depuis vingt ans, membre de l’Académie des Sciences Commerciales, il a présidé pendant cinq ans l’Association pour l’Histoire du Commerce Moderne (AHCM) dont il est l’un des fondateurs. Claude Sordet était Administrateur Délégué général France de l’AIDA (Association Internationale du Commerce) basée à Bruxelles.

Les ouvrages de Claude Sordet

La distribution, nouvelle industrie, avec Marc Benoun et Michel Biroulès, Presse de la Cité, 1976.
Chiffon rouge, Editions Romillat, 1995.
Évolutions des grandes fonctions dans les entreprises du commerce, Editions Ecodis, 1996.
Les Grandes Voix du Commerce, avec un CD laser, Edition Liaisons, juin 1997.
Docks de France, plein siècle, Edition : Sept et Neuf » – les Grandes Familles.
Les grandes voix de Promodès, Editions Liaison, 1999.
Les Marques de Distribution jouent dans la cour des grands, avec Judas Paysant et Claude Brosselin, Editions d’Organisation, 2000.
Paul-Louis Halley. De Promodès à Carrefour, Editions d’Organisation, décembre 2004.
– La grande histoire des regroupements dans la distribution, avec Claude Brosselin, L’Harmattan, avril 2011.
L’hypermarché : 50 ans déjà…, L’Harmattan, février 2014.
La grande histoire des regroupements dans la distribution
2e édition revue et augmentée
,  avec Claude Brosselin, L’Harmattan, mai 2014.
– Le commerce, cet inconnu…. Ou le siècle de la grande farandole du commerce français, L’Harmattan, août 2015.

Décorations

Officier de l’ordre national du Mérite, Chevalier des Palmes académiques

Activités de formation et d’enseignement de Claude Sordet

Pendant son long passage à la direction exécutive de l’IFLS (1970-1980 et 1985-1989), Claude Sordet a été amené à développer dans le cadre de la formation permanente de nombreux séminaires d’initiation ou de perfectionnement aux évolutions du commerce. En marge de ces séminaires professionnels il a organisé de nombreuses journées d’étude intra-entreprises ou extra entreprises mais aussi des symposiums patronaux tels « Les Pionniers de Marbella ».

Devenu consultant indépendant, il a mis au point des cours et des séminaires sur : « L’histoire du Commerce »-« Communication de crise : riposter à l’imprévisible ».

Parce que journaliste, directeur de presse mais également responsable d’un important pôle de formation professionnelle Claude Sordet a été conduit à donner des conférences devant des instances patronales mais aussi universitaires. Il a répondu au cours de sa carrière professionnelle aux invitations de grandes écoles de commerce : HEC, ESSEC, ESCP, et ESCL. Ces actions d’enseignement, ont parfois été suivies d’aides et assistances prodiguées à des étudiants préparant des thèses sur le commerce.
Il avait accepté de préfacer la thèse de Yves Soulabail sur les débuts d’Edouard Leclerc.

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Le commerce, cet inconnu…

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Claude Sordet

21.50 euros, 210 p., août 2015 – L’harmattan
ISBN : 978-2-343-06699-8

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Ce livre est un hommage aux artisans du commerce français. Il propose les faits et événements marquants du commerce français qui a connu une formidable envolée au cours du siècle dernier. L’auteur en présente également les grandes enseignes, leurs responsables et autres intervenants de renom. On y retrouve de surcroît les grandes inventions qui ont contribué à son bond en avant.

L’hyper Duel entre Edouard Leclerc et Marcel Fournier – Documentaire France 5

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L’hyper Duel Edouard Leclerc – Marcel Fournier – France 5 le 5 mars 2014 à 21:35

 

Réalisation > Philippe ALLANTE – Conseiller historique > Yves Soulabail – Nilaya Productions

Pour voir la présentation du documentaire

C’est l’histoire d’une lutte sans merci, entre Marcel Fournier, le fondateur de Carrefour et Edouard Leclerc, l’épicier-militant.
À partir de 1959, c’est un bras de fer commercial qui s’engage, sur fond de combat idéologique, de coups marketings et d’affrontement sur les implantations de magasins, qui va donner naissance à deux géants du commerce. Marcel, le savoyard, qui avait un destin de commerçant tout tracé, rêve de commerce à l’américaine. Pour casser les prix, il va devenir un cow-boys des économies d’échelles, en osant vendre pour la première fois de l’alimentation et des vêtements dans un même magasin.
Edouard, le breton, qui aurait dû devenir militaire ou prêtre, se trouve une vocation « vendre à prix de gros » en supprimant les intermédiaires pour aider les français dès l’après-guerre à manger mieux en dépensant moins.
Ces stratégies opposées, entre ces deux pionniers de la grande distribution, vont bouleverser, en moins de 20 ans, les modes de consommation des français et les rendre accros aux prix cassés.
L’épicier de Landerneau pour imposer ces centres de distribution à travers l’hexagone, va obtenir le soutien du Général De Gaulle. De son côté, le visionnaire savoyard, gonflé à bloc par des séminaires suivis à Dayton, va lancer son concept d’Hypermarché en 1963.
Avec des surfaces de vente qui vont passer de 2.300 à plus de 10.000 m², il va trouver dès le début des années 70, le soutien de la bourse. Dès lors, cet hyper duel va faire beaucoup de dégâts collatéraux, d’abord chez les petits commerçants. Le ralentissement de l’économie, en 1974, à la suite du première crise pétrolière, va entraîner une guerre des prix encore plus féroce entre les deux géants du commerce, et c’est les petites et moyennes entreprises françaises qui vont en faire les frais.
Ce combat entre les deux tontons flingueurs de prix, s’achèvera à l’aube des années 80, quand Marcel Fournier usé par les nouvelles méthodes commerciales, sans foi ni loi, passe la main. C’est la fin de vingt années de batailles, mais pas de la guerre sans merci pour régner sur le marché des hypermarchés en France.

Pour revoir des passages du documentaire : http://www.france5.fr/emissions/duels/diffusions/05-03-2015_306471

Intervenants par ordre d’apparition dans le film

Hervé PATURLEHélène LECLERCMichel MONTLAURJean-Marc VILLERMÉJean MÉOYves SOULABAILPaul DUBRULEMichel CROSETOlivier DAUVERS Claude SORDETJacques SEGUELAMichel DECRÉ

Panorama du commerce français à l’aube du libre-service et des premiers supermarchés

Exposé de Claude Sordet
Lors du 50e anniversaire du supermarché

C’est sans aucun doute à l’orée des années 30, sur fond de crise économique mondiale que le commerce organisé a connu son second souffle. Il devenait structuré reposant sur la répétitivité de l’offre, le suivi de la qualité, le respect des assortiments et des prix sinon toujours bas, pour le moins raisonnables.

Fers de lance de ce spectaculaire développement : les Magasins Populaires (nouveaux venus sur la géographie du commerce) et les Maisons à Succursales Multiples qui avaient pour certaines près de 30 ans d’existence. Populaires ces nouveaux concepts l’étaient, encore qu’issus de cette sorte d’aristocratie, les Grands Magasins représentaient dans le paysage du commerce. Le coeur de cible des Uniprix, Prisunic et Monoprix restait le moins favorisé des Français encore que les plus aisés de nos concitoyens se mirent à raffoler des prix bas. Le critère du prix a toujours été et restera toujours pour le commerce, un facteur d’attraction majeur. De leur côté, les Maisons à succursales multiples alimentaires poursuivent une stratégie fondée sur :
L’ouverture soutenue de petites succursales sur l’ensemble du territoire.
La prédominance de la fonction achat car qui bien achète mieux vend. Les« patrons » des MAS sont très souvent administrateurs délégués et acheteurs. Dans quelques secteurs, les achats spéculatifs embellissaient le bilan annuel… ou le ternissaient.
L’extension des assortiments vers certains produits frais au demeurant qualifiés de « denrées périssables.
L’apparition des premières tournées de campagne ou de « chine »

Alors que l’on comptait, en 1929, 18.000 succursales en France (plus d’une centaine d’entreprises), le développement du succursalisme au cours des années 30 semble avoir été  sensiblement moins spectaculaire en termes d’image notamment Les succursales étaient par excellence des magasins de proximité, de toute proximité même. La formule s’embourgeoisait. À l’inverse, les magasins populaires étaient à juste titre considérés comme une formule révolutionnaire ; elle reposait sur le respect d’une discipline d’airain. La gestion des stocks était centralisée, car les assortiments étaient constitués à Paris par un chargé d’approvisionnement placé sous les ordres de l’acheteur. Les magasins populaires sont les inventeurs de l’affiliation et les développeurs des marques de distribution. Pour les affiliés, l’alternative était simple : se soumettre ou se démettre. Entre 1932 et 1940, leur développement fut infiniment rapide. Il n’y a pas eu de période d’essai, de phase pilote, le succès vint en marchant et quel succès !

L’onde de choc provoquée par le développement des magasins populaires a été aussi importante que, trente ans plus tard, celle qui fut provoquée par l’avènement de l’hypermarché. Les grands magasins auraient pu, et sans doute « dû » être à l’orée des années 60 parmi les pionniers de l’hypermarché. Et qui sait, ils auraient sans doute pu contrecarrer les velléités de développement des inventeurs de ce concept atypique qu’était « l’usine à vendre ». N’y croyant pas, ils ne l’ont pas voulu. Ce n’est d’ailleurs que plus de trois ans après l’ouverture du premier Carrefour de Sainte-Geneviève-des-Bois que les concurrents potentiels des Fournier, Jacques et Denis Defforey sont sortis de leur longue période d’expectative. Non, « Carrefour n’était pas un four »

Des années noires à leur sortie : les années 40
Les séquelles dues aux privations ont engendré dans les années 1940 des changements durables d’habitudes de consommation. Ce n’est qu’en 1949 que les tickets et bons matière ont été supprimés. Les consommateurs vont vers l’offre car rares sont les produits dans les magasins. On n’achète pas, on trouve et pour trouver, il faut se débrouiller.

Pour un nombre important d’entre elles, les « maisons à succursales » comme les entreprises de gros et de demi-gros ont subi d’importants dommages de guerre. Des centaines de magasins de détail étaient également sinistrées. La priorité fut donnée à la reconstruction des entrepôts, hélas, et pour cause de dommages de guerre, pierre par pierre à l’identique. Ces conceptions, souvent sur plusieurs niveaux, dix ans plus tard, se révélant dépassées.

Pendant cette période de clair obscur, on assiste à un début de réorganisation plus ou moins efficace de la production des biens de grande consommation. Les acheteurs du commerce n’achètent plus mais quémandent, dénichent et ce jusqu’en 1950. L’industrie mène le jeu. Beau renversement du rapport de force d’avant-guerre. Dès la fin des années 1940, apparaissent les premiers produits nouveaux. On découvre de nouvelles techniques de fabrication. Les réseaux de distribution sont très « atomisés », d’où l’importance des structures commerciales des fabricants.

Arrive le grand temps fort des représentants, des agents commerciaux. Et le commerce réorganisé, qu’on n’appelle pas encore grand commerce et encore moins distribution, que devient-il ?

En 1947, sous l’égide du CJP prédécesseur du CJD (1968), a lieu le premier voyage aux Etats-Unis d’une mission de succursalistes français. C’est également, quelques années plus tard, la première apparition à Dayton (USA) de l’oracle de  la National Cash Register (NCR), Bernardo Trujillo commençant à prêcher l’îlot de perte dans l’océan de profits. Aux USA, le libre-service bat son plein et le supermarché fait merveille. Remarque au passage, en France comme partout ailleurs, la célèbre caisse enregistreuse a été à la base du développement du LS.

Le premier libre-service, quel événement, fut ouvert à Paris en 1948 par les Etablissements Goulet Turpin qui, avec Casino, représentaient les deux plus beaux fleurons du succursalisme renaissant. Convaincre à la bonne pratique du LS tant les consommateurs que les gérants-mandataires des succursales ne fut pas une sinécure. En fait, ce passage à ce qui était appelé « la vente visuelle » devenait une évidente obligation pour les opérateurs succursalistes, qu’ils appartinssent au monde capitaliste ou à celui de la coopération. Pourquoi ? La vente visuelle, qui mettait face à face produits et consommateurs, allait pouvoir pallier certaines insuffisances professionnelles des gérants-mandataires dont à peine 50% possédaient les qualités requises pour être d’authentiques commerçants. Les meilleurs allaient bientôt commencer à voler de leurs propres ailes à la grande satisfaction des grossistes alimentaires. Ce n’est qu’à la seconde partie des années 50 que l’ensemble des réseaux succursalistes se trouva transformé en magasins en LS d’une surface moyenne de 40 m². Il convient de rappeler que les fournisseurs des entreprises succursalistes étaient d’ardents prosélytes de la formule du LS, car elle donnait à leurs produits disposés sur les tablettes des rayons, une capacité de visualisation qu’ils n’avaient pas auparavant. Perdus qu’ils étaient dans les alvéoles des présentations murales dont l’accès était strictement réservé au commerçants. On passait de la formule « demandez à votre commerçant ce que vous ne voyez pas » à celle « Venez, voyez et prenez ».

Les succursalistes, quant à eux, ont opté pour les mêmes structures, les mêmes organigrammes qu’avant-guerre, soit très hiérarchisés avec une délégation de pouvoir quasiment inexistante. La marge importait avant toute chose. Mais elle était fixée au siège une fois pour toute et une fois pour tous. La concurrence ? On ne connaissait pas. Les politiques commerciales, peu dynamiques du réseau des succursalistes, expliquent sans aucun doute l’avènement des « discounters » : Edouard Leclerc, Roger Berthier (La Maison du Savon et ensuite Berthier Saveco).

Le climat régnant alors sur les rapports producteurs distributeurs commence à se dégrader du fait d’une double ignorance. Au sein de nombre d’entreprises fournissant la distribution, force est de constater que les hommes de production et ceux du marketing ignorent les hommes en charge de la commercialisation. Au même titre d’ailleurs, dans les entreprises de distribution, les hommes des achats et en général ceux du siège ignorent les hommes commerciaux des magasins. Et par-dessus tout ça, les acheteurs (distributeurs) ignorent les vendeurs (fabricants) qui le leur rendent bien.

Les fabricants ayant traversé l’Atlantique portèrent sur les supermarchés visités un regard marqué d’une curiosité évidente, mêlée à un sentiment de bienveillance. Et pour cause, certains comprenant quel allait pouvoir être pour leurs produits l’intérêt d’une telle formule axée en principe sur la vente de masse. L’énorme essor Outre Atlantique du Supermarché leur semblait devoir tôt ou tard gagner la Vieille France. Dans ce domaine, l’histoire ne devait-elle pas passer par le même sentier ? Entre 1932, année de leur création, et 1949, le nombre des supermarchés américains a été multiplié par 100 et leur chiffre d’affaires par 364.

Les observateurs de l’histoire du commerce contemporain ont souvent remarqué que le concept supermarché avait, au cours de la décennie 50, beaucoup tardé à éclore en France. Pourquoi ?

Côté succursalisme, on estimait que l’hexagone n’était pas l’Amérique et qu’il convenait de conserver une formule qui gagne, la succursale et son contrat de mandat, certes en la faisant évoluer vers le libre-service et en l’agrandissant dans la limite du raisonnable soit le format supérette. Les acheteurs du monde succursaliste avaient la prémonition que le supermarché risquait de modifier profondément leurs fonctions originelles. La vente visuelle en masse ne pouvant d’ailleurs qu’aller vers un poids accru des fabricants, difficilement supportable… Autre raison, le montant des investissements propres à la réalisation d’un supermarché était considérable notamment pour des entreprises succursalistes de tailles modestes. Conclusion pour nombre de Succursalistes, l’exploitation du format Supermarché correspondait à un nouveau métier qui appelait des hommes nouveaux. Le succursalisme dédié à la coopération était lui conscient que le contact permanent magasin client coopérateur ne pouvait qu’être mis à mal par le format Supermarché.

Côté Magasins populaires, le concept inventé aux USA en 1879 par Woolworth était loin d’être en France arrivé en phase de déclin. La raison voulait certes de prévoir des agrandissements des rayons alimentaires qui se devaient d’être et de rester le pôle d’attraction du magasin. Et au final Bernardo Trujillo le rabâchait à Dayton : « No parking, no business » Le magasin populaire se devait de rester en cœur de villes. Certains disposant d’un parking obtenaient des performances très voisines de celles des supermarchés « No comment ».

Parenthèse : en 1952, avait été créée en France par Henry Toulouse (Docks de France) et Jacques Pictet (Groupement Paridoc) l’AIDA (Association Internationale de la Distribution Alimentaire).

Les mêmes lançaient en 1953 le CIES (Comité International des Entreprises à Succursales).

L’AIDA, à l’occasion de son congrès tenu à Rome en1956, avait voulu montrer à ses participants ce qu’était un authentique supermarché américain. Ce fut une révélation tant le magasin exporté entièrement des USA, y compris les assortiments, frappa les esprits. On passait du « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau » à « Après tout pourquoi pas moi ? ».

D’évidence, des vocations d’entrepreneurs, de supermarchés allaient naître. Deux ans plus tard, l’Express Marché, conçu par Goulet Turpin, allait défrayer la chronique ; le suivirent, en 1959, deux réalisations des Docks de France à Bagneux et Sceaux en région Parisienne. Ainsi, commençait l’aventure du Supermarché, en l’occurrence l’aventure fut l’aventure.

Hypermarché : 50 ans déjà…

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par Claude Sordet

Commander

Prologue de François Malaterre
17.00 euros, 168 p., février 2014 – Editions L’Harmattan
EAN : 9782343026152
EAN PDF : 9782336336053

Ce fils à papa, comme il se décrit lui-même, ainsi que fondateur de LSA, vient au travers de son dernier ouvrage intitulé Hypermarché : 50 ans déjà… rendre hommage aux pionniers de l’hypermarché qui, contre vents et marées, ont démontré que « l’impossible » ne concernait pas la France. Cet ouvrage replace également l’hypermarché dans le contexte évolutif du commerce pris dans sa plus large acception. L’hypermarché est le résultat d’une vraie démarche marketing qui répond à la question « Quel produit pour quel marché ? »

Liste exhaustive des personnalités citées dans le livre
Emile Arrighi de Casanova – Jérôme Bédier – Michel Bon – Charles Boileau – Aristide Boucicaut – Jean Cam – Jean Castarède – Maurice Cauwe – Michel Decré – Jacques Defforey – Denis Defforey – Jean-Jacques Delort – Jacques Dermagne – Michel Deroy – Jean Louis Descours – Jacques Dian – GustavEiffel – André Essel – Gérard Gallo – Dominique Georgeon – Marcel Fournier – Marc Gogue t- Raymond Gouloumès – Alexandre Grimaud de la Reynière – Marguerite Guérin – Antoine Guichard – Umberto Guida – Eric Hayat – Paul Auguste Halley – Paul Louis Halley – Jean Hass – Jean-Claude Jaunait- François Legouez – Philippe Lemoine – Jean-Pierre Le Roch – Alfred Lombard – Francis Lorenz – François Malaterre – Jacques Marcelin – Gérard Mulliez – Michel Montlaur – Jacques Perrilliat – Jacques Petit – Jean Plassart – Jean-Claude Plasssart – Georges Plassat – Jacques Pictet – Gérard Seul – Jean-Louis Solal – Etienne Thil – Christian Toulouse – Henri Toulouse – Bernardo Trujillo – Charles Urbain.

Claude Sordet, co-fondateur de LSA, évoque la révolution du libre service

Claude Sordet, premier directeur de supermarché en Bretagne à Perros-Guirec courant 1959 et co-fondateur de LSA avec Jacques Pictet par la suite, présente dans cet entretien – dont le montage a été composé pour le colloque Etienne Thil – ce qui lui semble être la plus grande innovation dans le monde du commerce de détail.

Claude Sordet : « La vraie révolution c’est : viens, vois et prends »
Evidemment, Claude Sordet revient sur ce qu’il estime comme étant les éléments précurseurs du développement des hypermarchés français, lui qui eu l’occasion d’intervenir pour les enseignes Paridoc, Mammouth, Casino…

Les marques de distributeurs jouent dans la cour des grands

Les marques de distributeurs jouent dans la cour des grands
par Judas PaysantClaude SordetClaude Brosselin

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28.50 euros, 327 p., avril 2011 – Editions d’Organisation
EAN : 9782708126633

Quand elles sont apparues, les MDD ou marques de distributeurs avaient pour principales vocations de satisfaire le consommateur cherchant essentiellement un bon rapport prix-qualité et d’améliorer la marge des distributeurs. Aujourd’hui, le distributeur ne se contente plus d’apposer son nom sur des produits commandés à un producteur mais conçoit sa marque dans une véritable démarche marketing. Désormais, les MDD, marques à part entière, véhiculent la différenciation de l’enseigne, renforcent son image, favorisent la relation client et ont un rôle croissant dans la stratégie de fidélisation des entreprises de distribution. C’est un excellent médium publicitaire au sein du foyer. La MDD a, pour toutes entreprises de distribution, le rôle économique d’améliorer la puissance d’achat. Analyser ce rôle économique ainsi que l’évolution inéluctable du marketing, du merchandising et de la communication des MDD semble donc essentiel à une meilleure compréhension de ce phénomène. Ce livre propose, à travers une lecture attrayante ponctuée de nombreux exemples, interviews, anecdotes et témoignages, une approche synthétique et originale du sujet, confrontant les points de vue du consommateur, du fabricant et du distributeur. Véritable livre de référence, cet ouvrage s’adresse tant aux professionnels de la grande distribution, aux fabricants et aux praticiens du marketing, qu’aux étudiants et enseignants.

La grande histoire des regroupements dans la distribution

La grande histoire des regroupements dans la distribution
par Claude Sordet et Claude Brosselin

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Prologue de Raymond-François Le Bris
29.50 euros, 248 p., avril 2011 – Editions L’Harmattan
EAN : 9782296542365

Le monde de la distribution évolue sans cesse. Les enseignes se créent, se modifient et aussi disparaissent, très souvent par suite de regroupements (fusions, absorptions, ou accords divers). Cet ouvrage, inédit en France, fait le point sur ce formidable bouillonnement qui peut dérouter les observateurs tant le paysage commercial évolue de façon quelquefois très rationnelle et d’autres fois de façon surprenante. Une large place est faite aux entrepreneurs, artisans de ces changements, et un développement particulier à la  » fusion du siècle  » (Promodès – Carrefour). Le lecteur retrouvera les enseignes qui lui sont familières analysées par deux experts de ce secteur. Public concerné: Professionnels, Enseignants, Etudiants, aussi bien que Grand Public.

Paul-Louis Halley, De Promodès à Carrefour

Paul-Louis Halley_De_Promodès_à_Carrefour

par Claude Sordet

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Préface de Jean-François Wantz et Jacques Dermagne
Postface de Robert Halley et Olivier Halley
22.30 euros, 226 p., octobre 2004 – Editions d’Organisation
EAN : 9782708132276

Le 6 décembre 2003, Paul-Louis Halley, premier actionnaire du groupe Carrefour et ancien président de Promodès, est mort avec son épouse Annick, dans un accident d’avion à Woodstock, près d’Oxford, en Grande-Bretagne. Si cet homme extraordinaire a su garder toute sa vie une grande discrétion, et si le groupe Promodès était peu connu du public, ses enseignes ont pourtant marqué le monde du commerce : Continent, Champion, Shopi, 8 à Huit, Dia… Né le 11 septembre 1934 à Cherbourg, Paul-Louis Halley a rapidement développé l’affaire familiale. En quelques années, il a su la transformer en un acteur majeur de la distribution. La fusion de Promodès avec Carrefour en 1999 a couronné son travail en créant le deuxième groupe mondial de distribution. Qui fut cet homme ? Comment a-t-il mené tout au long de sa vie cette entreprise brillante, aimée de ses salariés et de ses clients ? Cette biographie se propose d’entrer dans le cœur du management de Paul-Louis Halley. Il en résulte ce beau portrait d’un patron humain, pragmatique et visionnaire.

Les grandes voix du commerce, 40 grands patrons racontent…

les grandes voix du commerce

par Claude Sordet

Commander

54.00 euros, 560 p., avril 1997 – Editions Liaisons
EAN : 9782878801880

Du doyen, Paul-Auguste Halley (91 ans) au benjamin Jérôme Bédier (40 ans), en passant par Georges Plassat, Jean-Pierre Le Roch… quarante personnalités du commerce retracent leur parcours et les temps forts du grand commerce.’Il était une fois… le commerce’, ainsi commence, sur CD audio l’histoire de 50 ans de distribution entre 1946 et 1996. Une synthèse écrite par Claude Sordet, conseil en stratégie de communication globale et ancien journaliste, et racontée par le comédien Michel Elias. Après ce préambule, des morceaux de choix : les ‘confidences’ de 40 ténors de la distribution d’hier et d’aujourd’hui. Une performance à mettre également au crédit de Claude Sordet, qui a procédé à l’interview de ces personnalités au cours du premier quadrimestre 1996. Au total, 72 heures d’entretien d’où sont extraites 74 minutes de moments forts. Résultat : un coffret de 2 CD où chacune des voix a fait l’objet d’une ‘mise en scène’ de présentation sur fond musical personnalisé.
Cet hommage, auquel s’est associée l’agence Mood Media, a été édité en 1 000 exemplaires avec un coffret CD.